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CHÂTEAU D?ESCOUSSENS EDITIONS
Les petites histoires font la grande Histoire |
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L'ami d'Alger
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Appelé direct en Algérie et au Sahara, Jean N.D. Escande, sursitaire, et partant à reculons, écrit son journal sur place pendant cette guerre qu?il juge absurde : Un capitaine, chaud partisan de l?intégration de la France à l?Algérie, des chaambas et des r?guibats qui n?attendent rien de bon de l?Indépendance et servent sous notre drapeau tout en cotisant au F.L.N., une poignée d?appelés qui ne veulent pas mourir pour une histoire qui ne les regarde pas, tels furent les compagnons de l?auteur, qu?il décrit sans bienveillance.
Un témoignage sans complaisance, qui montre les aspects burlesques et sordides de la vie militaire et des personnalités douteuses qui profitent de ce conflit, au détriment des simples appelés. Une guerre dont les tenants et aboutissants restent encore aujourd?hui dans le flou. |
L’armature de ce camp est constituée de petits voyous des villes, engagés, passés maréchaux-des-logis (…) A mon escadron, deux d’entre eux (…) « connaissent le règlement sur le bout des doigts », et l’appliquent. Hier au soir (…), ils étaient de jour. Ils arrivent pour l’appel du soir, en rangers, imperméable vert et casque léger, et furieux d’avoir à sortir par temps de pluie. Aussi nous ont-ils dressés. Sous prétexte que l’homme de jour, le malheureux Siguié, un paysan du Sidobre qui s’affole perpétuellement, a crié: « A vos rangs, silence pour l’appel », et non: « Garde-à-vous, silence pour l’appel », ils lui collent une tenue de campagne (…) Puis ils font le tour de la chambre et en collent à tous ceux qui n’ont pas de cadenas à leur casier (ce n’est pas dans le règlement (…) J’en suis, évidemment. Ils ouvrent les casiers non cadenassés et vident dans la boue de la cour les mouchoirs réglementaires, les serviettes, les chaussettes, les brodequins qui leur paraissent insuffisamment cirés, les imperméables qui ne se présentent pas de dos dans les penderies, puis ils vident les types de leurs lits et balancent les polochons par les fenêtres, pour faire bon poids. Ils partent en annonçant qu’ils repasseront dans un quart d’heure pour passer la « tenue de campagne ». Personne ne sait ce dont il s’agit, sauf Mignard, mon voisin de lit et fils d’adjudant qui la trouve bien bonne. Pendant que j’empile tristement le linge souillé, il m’explique qu’il faut être en tenue de combat, avec le casque couvert de feuillage, les brodequins et les brélages cirés, le visage passé au bouchon noirci. J’ai à peine fini que les deux brutes font irruption, dans l’affolement général. Ils tombent sur le malheureux Siguié:
- Combien d’allumettes avez-vous dans votre paquet?
Il n’en sait rien évidemment.
- Combien en avez-vous de brûlées? Avez-vous une enveloppe avec l’adresse de vos parents, dans le cas où vous seriez tué? Où est votre fagot? (Il faut avoir sur son sac un fagot pour faire du feu). Votre paquet hygiénique? Vos cigarettes?
- Je ne fume pas, dit le malheureux.
Vous devez avoir des cigarettes dans le cas où un de vos copains qui crèverait vous en demanderait une. Où est votre pansement obligatoire?
On ne nous les a jamais distribués.
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| Format: 22 X 31 cm
127 pages, papier luxe - port inclus - |
Prix : 11.00 € |
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